Dans un monde où chacun triche, c’est l’homme vrai qui fait figure de charlatan.

André Gide

… et en même temps, c’est important d’avoir confiance

 

Distinguer un coach d’un charlatan ou la question initiale du client.

 

Au moment de choisir un accompagnement, nous expérimentons tous la question du choix du professionnel. Dans le paysage du coaching, comment faire le tri dans parmi les offres présentées afin de choisir la personne qui va pouvoir nous accompagner ? Quels critères me permettront d’être assuré que je suis bien en présence de quelqu’un de sérieux, d’efficace, et surtout qui ne va pas faire plus de mal que de bien ?

 

Ce petit article a pour objectif de vous donner quelques pistes de réflexion, quelques conseils et surtout quelques actions à entreprendre pour vous permettre de faire le bon choix. Il s’agit évidemment de mon approche et de mes convictions basées sur mon expérience et ma pratique.

 

  • Payer pour des questions, pas pour des solutions : Oui, vous avez bien lu, vous n’allez pas voir un coach pour qu’il vous donne des réponses. S’il se présente comme tel, vous avez à faire soit à un conseiller au mieux, soit, au pire, à un gourou. Le principe même du coaching est basé sur la capacité à questionner de manière pertinente et construite. J’indique systématiquement à mes clients que les accompagner ne consiste pas à les conseiller. Par contre, je suis absolument catégorique sur ma capacité à les emmener vers leurs solutions, et ce de manière certaine.

 

  • Un bon coaching commence par la fin : Paradoxalement, un coach envisage tout accompagnement à rebours. Il est essentiel de se mettre dans une position de résultat, et pour ce faire, quoi de plus naturel que de poser la fin au commencement. Il est évidemment impossible de dire « notre accompagnement prendra fin le mardi 17 à 13H54, mais plutôt de préciser qu’il aura une fin après X séances. Dans ma pratique, je présente toujours comme résultat la disparition de l’accompagnement parce que mon intention est l’autonomie de mon client face à sa demande.

 

  • Une main de fer dans un gant de velours  : Si le contenu est apporté par le client, le cadre est apporté par le coach. Cependant, ce cadre doit être négocié et précisé en séance préliminaire afin de sécuriser la relation et par là-même le coaching. Je construis avec mes clients un cadre de fonctionnement sur tous les sujets importants comme la ponctualité, la parité, le feedback, le prix et les modalités de paiement, etc… afin de leur permettre la plus grande liberté à l’intérieur de ce cadre. Ce cadre est ensuite matérialisé par un contrat entre mon client et moi en ce sens qu’il constitue une référence à notre travail.

 

  • Une posture paritaire dans le cheminement : Un coach ne se pose pas en spécialiste du contenu que vous apportez. Il se place en référence externe à ce contenu au même niveau que vous et la qualité de son accompagnement dépend de sa capacité à créer la relation avec vous. Lors de mes accompagnements, j’indique souvent que j’ai besoin de clarifications ou de précisions parce que si j’ai du mal à percevoir ce qui se joue pour mon client, c’est souvent le signe que ce n’est pas clair pour lui. En étant à l’écoute de ce qui se passe pour moi, je suis en soutien inconditionnel de mon client sur sa demande.

 

  • Parce que la relation est l’outil le plus important, il faut le sentir : Vous allez voir un professionnel pour qu’il vous accompagne sur quelque chose d’important à vos yeux. Il est essentiel alors de « sentir » le coach que vous allez consulter. Aucun complexe à avoir si vous ne le sentez pas, ou que quelque chose ne vous semble pas clair. Au contraire, ces indicateurs d’inconfort sont autant de signaux qu’il vous faut écouter pour prendre la décision. En allant un peu plus loin, n’hésitez pas à poser cet inconfort lors de l’entretien initial, en précisant ce que vous ressentez. Ce sera le premier pas qui vous permettra de voir, en fonction de la réaction du coach si cela va fonctionner.

 

  • Enfin, dernier mais pas le moindre, la question du prix. Cette problématique est sans doute au cœur même de l’idée de charlatan. Si je fais payer trop cher, alors je suis un voleur, si je fais payer trop peu, alors quelle valeur apporter au service ? Dans ma pratique, je propose des tarifs très différents entre particuliers et professionnels. Pour les professionnels, j’ai une tarification qui est presque identique d’un client à l’autre. Par contre, pour les particuliers, je construis un tarif qui convient au budget mais également qui signifie quelque chose. Demander 150€ de l’heure à une personne à très haut revenu ne signifiera pas autant que pour une personne plus modeste.

 

 

Voilà en substance quelques premiers conseils pour vous éclairer sur le débat entre coach et charlatan. Je connais un grand nombre de professionnels et aucun n’a la même façon de pratiquer. A la limite, qu’importe s’il utilise des outils extrêmement concrets ou bien des formats plus « ésotérique ».

 

L’efficacité du coach réside dans la qualité de la relation qu’il est en mesure de nouer au service de votre demande. Par ailleurs, si c’est important pour vous, vous pouvez également vous assurer qu’il est certifié ou qu’il a l’expérience de situations comme celles que vous traversez. A mon sens, ce ne sont pas des gages suffisant pour assurer pleinement la fonction de coach mais cela peut rassurer. Cependant, ce sont les garanties d’une connaissance théorique d’un certain nombre de pratiques d’accompagnement.

 

Enfin, assurez-vous également que le coach que vous interrogez est bien supervisé. En quelques mots, la supervision est le travail que le coach engage sur sa pratique en présence d’un professionnel qualifié pour ce faire. Ma supervision est l’endroit où, en tant que professionnel, je viens également questionner ma pratique de manière à être toujours plus pertinent au service de mes clients.

 

Et pour finir, j’ajouterai une petite piste de réflexion : si vous vous demandez dans quelle mesure un coach est un charlatan, votre besoin de changement est-il sincère ?